
Une jeunesse tarbaise.
Comme la première photo de 1826, cette série fige des espaces triviaux. Elle met le passé au présent et le présent au passé au travers de fragments urbains. Des fragments d'une jeunesse tarbaise. Elle dessine une ville que l'on habite, que l'on parcourt sans la voir.
C'est là que j'ai vécu. A Tarbes. Entre onze et vingt-sept ans. Neuf lieux différents. Chaque installation travaillait à l'oubli de la précédente. Chacune marquait un changement de statut social, lisible dans l'âge, mais aussi dans les conditions de logement et le degré d'indépendance. C'est ce que j'ai compris en retournant sur ces lieux, autrefois familiers, aujourd'hui étrangers J'ai ravivé quelques souvenirs, j'en ai retrouvé une poignée d'autres, auxquels se résume l'essentiel de mes années tarbaises.
Les bâtiments sont toujours là, plus ou moins vieillis ou botoxés. Ils vivent parmi les voitures et les messages, explicites ou implicites, qui organisent la ville et glissent hors des regards. Partout des grilles, des codes, des portails qui ne s'ouvrent plus - peur de la route, peur des gens-. Et je repars comme après une visite à des parents ou des amis, content de les trouver en forme ou désolé de ce qu'ils deviennent.
Quelques lignes contextualisent chaque photo et l'insère dans un parcours de vie.
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Laubadère, je vais faire dix-neuf ans. Moins de deux mois après la demande, Bingo, logement social. T1Bis, une kitchenette séparée, un séjour-chambre, salle de bain avec baignoire. Dans la tour. Dixième étage, côté ouest, grande fenêtre sur les Pyrénées et les couchers de soleil. Un appartement pour moi tout seul. J'ai une 2CV orange. Je suis entre les cours à l'EN et les stages en école."